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Octobre
Novembre
2017

Combien ça coûte de ne se sentir utile pour personne ? Le vrai coût des choses…

Ces quelques chiffres pour balayer l’idée, un peu limitée, qu’une association ne serait composée que de bénévoles avec une activité en dehors de l’économie réelle. Même si 16 millions de français sont bénévoles dans une association, il reste qu’1,8 millions y sont employés.
Depuis la première fois de son histoire, le secteur associatif connaît un infléchissement de son poids économique avec l’accélération du retrait de l’État et, par jeu de domino, celui des collectivités locales.
Mais au vrai, donner ces chiffres, entendre ces constats économiques suffit-il à faire le tour de la problématique ? Cela suffit-il à mesurer les conséquences pour les associations et le rôle qu’elles jouent dans la société ? Ne pouvons-nous pas réfléchir à des éléments non chiffrables, difficilement évaluables : la réalité humaine ?

Le secteur associatif s’adresse à un public essentiellement fragile, ce sont donc les plus vulnérables qui subissent au final les conséquences des choix politiques issus de la « crise » économique. Des études existent pour faire le lien entre situation de précarité, chômage et usage de substances psychoactives (alcool, tabacs, drogues…), ceux-ci ayant eux-mêmes pour effet d’accroître le risque de cancers.
Par ailleurs, beaucoup d’associations ont un rôle important dans ce que l’on appelle le lien social, que ce soit sur des territoires ruraux ou urbains; c’est ce lien qui permet le mieux « vivre ensemble », ce que d’aucun pourrait nommer la cohésion sociale.
Depuis de nombreuses années ce « vivre ensemble » paraît se lézarder quelque peu. Alors que dans cette situation de précarité où les plus vulnérables sont les plus touchés, les associations qui leur viennent en aide ont de moins en moins de moyens financiers pour fonctionner !
Le sentiment de ne pas être reconnu, la montée des intolérances, des incivilités jusqu’à celle de la radicalisation ne sont pas sans rapport avec ce délitement du lien social.
Les conséquences financières de ce cercle infernal sont impossibles à quantifier, même si l’on sait que le coût d’un malade du cancer équivaut à celui d’une année de salaire.
Combien ça coûte ce sentiment de n’être pas dans le bon wagon de cette soit-disant croissance ?
Combien ça coûte de ne se sentir utile pour personne ?
Quel économiste, quel statisticien serait capable de nous donner le véritable coût de ce délitement social ?
Pour autant ce vrai coût des choses à un prix humain et financier…
 

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